LAS LETRAS DEL CANTE FLAMENCO
par
Monica AYME (1)
L'important est non pas d’expliquer les choses de la vie
mais de les chanter
Les letras, c’est à dire des strophes exprimant une histoire ou un sentiment, forment le répertoire du chant Flamenco. Elles se sont développées d’une façon spontanée et anonyme et témoignent d’un sentiment de vie : l’être humain qui tend à travers son intelligence et sa volonté vers la beauté, l’harmonie, le bonheur et une compréhension du monde, risque de désespérer devant la cruauté et l’absurdité qui l’entourent – que ce soit dans le comportement des souverains ou dans l’injustice qu’il expérimente dans l’amour, la haine, la richesse, la pauvreté, la santé, la maladie et la mort.
Les letras du Cante Jondo expriment la douleur sans âge ; leurs strophes abruptes incarnent résignation, fatalisme et l’impuissance à se faire entendre. Comment établir un pont avec son cri, afin qu’il franchisse le vide et rejoigne l’auditeur secourable ?
Appuyé sur sa solitude, on tend alors à chercher la consolation dans une communication intensive avec la nature (elle ne nous juge pas), dans les quelques relations humaines stables (surtout le culte de la mère) et dans la joie des petites choses du quotidien.
Les letras du Cante Chico se gardent bien d'interroger l'Au-delà ou de s'en prendre à l'irrémédiable. Les larmes et le rire leur suffisent car le rire est fait pour se formuler en danse et les larmes en chansons. "Bailar es reir, Cantar es llorar" dit une letra.
Le Cante Chico abonde en chansons à danser. Ces chants sont caractérisés par une prédominance du rythme et dégagent beaucoup d'optimisme ; tous ont le pouvoir de chasser les peines et les soucis.
|